ClickUp : quand j'ai arrêté de découper mon cerveau en morceaux

par Ludovic BonnetRead in english
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Il y a quelque chose de profondément absurde dans notre façon de travailler.

On réfléchit dans Miro. On documente dans Notion. On exécute dans Jira. Et quand le projet déraille, on pointe du doigt les équipes, le manque de rigueur, le planning trop serré.

Mais le vrai coupable ? Il est sous nos yeux depuis le début : c'est l'outillage lui-même.

Le syndrome du contexte perdu

Vous connaissez la scène. On brainstorme pendant deux heures sur un tableau blanc virtuel. Les idées fusent, les arbitrages se font, l'énergie est là. Puis vient le moment fatidique : "Bon, qui transforme ça en tickets ?"

Et là, tout s'évapore.

Les hésitations disparaissent. Les "pourquoi" s'effacent. Il ne reste que des lignes dans un backlog, orphelines de leur intention d'origine. Trois mois plus tard, quelqu'un demande : "Mais pourquoi on avait décidé ça, déjà ?" Silence gêné.

Ce n'est pas un problème de discipline. C'est un problème d'architecture.

Ce que je cherchais (sans vraiment le savoir)

Je ne voulais pas un énième outil de gestion de projet. J'en avais déjà trop vu.

Ce que je voulais, c'était un endroit où je pouvais penser à voix haute sans qu'on me demande immédiatement un ticket. Un espace où une idée pouvait mûrir tranquillement avant de devenir une action. Un lieu où la décision reste attachée à ce qu'elle produit.

Bref : un outil qui accepte que réfléchir, documenter et exécuter, c'est souvent la même chose à des moments différents.

C'est là que ClickUp est entré dans ma vie.

Oui, il fait le boulot de base

Autant évacuer le sujet tout de suite : ClickUp coche toutes les cases du parfait petit outil de gestion de projet. Kanban, Gantt, dépendances, priorités, assignations... Tout y est. Rien de révolutionnaire, mais rien qui manque non plus.

Le vrai sujet, c'est ce qui vient après.

Quand la documentation arrête d'être une corvée

Dans ClickUp, les documents ne vivent pas dans un silo à côté du projet. Ils sont dedans. Une note de cadrage, un compte-rendu de décision, une réflexion en cours... tout ça cohabite avec les tâches, au même endroit.

Mais ce qui m'a vraiment convaincu, ce sont les tableaux blancs et le mind mapping intégrés nativement.

Une idée griffonnée sur un schéma peut devenir une tâche en deux clics. Une tâche peut renvoyer vers sa carte mentale d'origine. Le document fait le pont entre la vision et l'exécution.

Résultat : on peut naviguer dans un projet par des chemins différents. Par la vision (les schémas). Par la structure (les documents). Par l'action (les tâches). Et comprendre comment tout s'articule.

L'anti-Atlassian

Si vous avez survécu à l'écosystème Jira + Confluence, vous savez de quoi je parle.

Un outil pour les tickets. Un autre pour la doc. Des plugins pour faire le lien. D'autres plugins pour les tableaux blancs. Chaque brique avec sa logique, son interface, ses bizarreries.

Sur le papier, c'est modulaire. Dans la vraie vie, c'est épuisant.

ClickUp fait le pari inverse : tout est natif, tout est connecté dès le départ. Ce n'est pas forcément plus simple le premier jour. Mais c'est infiniment plus lisible sur la durée.

Le détail qui change tout

Un point qu'on sous-estime souvent : ClickUp existe en application native. Windows, macOS, iOS, Android.

Ça paraît anodin. Ça ne l'est pas.

Une app native, c'est des raccourcis clavier qui fonctionnent vraiment. Une navigation fluide. Moins de friction. Pour quelqu'un qui passe sa journée entre son éditeur de code et son outil de gestion de projet, cette fluidité change le rythme de travail. On reste dans le flux au lieu de le casser toutes les cinq minutes.

Une interface qui tolère le désordre

Après des années sur Jira, j'avais développé une forme de fatigue visuelle. Ces interfaces denses, rigides, qui vous punissent dès que vous sortez du cadre prévu.

ClickUp n'est pas minimaliste, loin de là. Mais son ergonomie est plus souple. Elle accepte le désordre temporaire, les réorganisations fréquentes, les tâtonnements.

Sur des projets longs, cette tolérance fait une vraie différence.

Ce qui se passe au bout de six mois

Les bénéfices ne sautent pas aux yeux la première semaine. Ils infusent.

Six mois plus tard, quand quelqu'un demande pourquoi on a pris telle décision, la réponse existe. Quand il faut transmettre un projet, on n'a pas à reconstruire toute l'histoire de mémoire. Quand une question revient pour la troisième fois, on peut pointer vers la réponse au lieu de la réécrire.

La documentation n'est plus ce livrable pénible qu'on produit sous contrainte à la fin. Elle devient un sous-produit naturel du travail quotidien.

Soyons honnêtes

ClickUp reste un outil dense. Sans un minimum de discipline, il peut vite devenir un capharnaüm. Et il ne remplacera jamais la réflexion ni les arbitrages humains.

Mais il a une qualité rare : il ne vous force pas à découper artificiellement ce qui, dans un projet réel, ne l'est jamais.

Le mot de la fin

Refuser de séparer réflexion et exécution, ce n'est pas une question d'outil. C'est un choix de posture.

ClickUp tient ce rôle chez moi aujourd'hui. Imparfaitement, mais honnêtement.

Et la façon dont l'éditeur intègre l'IA mérite un article à part entière à paraitre dans quelques jours.